Esaïe 25, v6-9 et Matthieu 22, v1-14 – L’indifférence…

Dimanche 12 Octobre 2014 – par le pasteur Béatrice Hollard-Beau

 

6Le SEIGNEUR (YHWH) des Armées
fera pour tous les peuples, dans cette montagne,
un banquet de mets succulents,
un banquet de vins vieux,
de mets succulents, pleins de moelle,
de vins vieux, clarifiés.

7Dans cette montagne,
il anéantira le voile qui voile tous les peuples,
la couverture qui couvre toutes les nations ;

8il anéantira la mort pour toujours ;
le Seigneur DIEU essuiera
les larmes de tous les visages ;
il fera disparaître de toute la terre
le déshonneur de son peuple
— c’est le SEIGNEUR qui parle.

9En ce jour-là on dira :
C’est lui, notre Dieu !
Nous avons mis notre espérance en lui
et il nous a sauvés.
C’est le SEIGNEUR, en qui nous avons espéré :
soyons dans l’allégresse,
réjouissons-nous de son salut !

1Jésus leur parla encore en paraboles ; il dit : 2Il en va du règne des cieux comme d’un roi qui faisait les noces de son fils. 3Il envoya ses esclaves appeler ceux qui étaient invités aux noces ; mais ils ne voulurent pas venir. 4Il envoya encore d’autres esclaves en leur disant : Allez dire aux invités : « J’ai préparé mon déjeuner, mes bœufs et mes bêtes grasses ont été abattus, tout est prêt ; venez aux noces ! » 5Ils ne s’en soucièrent pas et s’en allèrent, celui-ci à son champ, celui-là à son commerce ; 6les autres se saisirent des esclaves, les outragèrent et les tuèrent. 7Le roi se mit en colère ; il envoya son armée pour faire disparaître ces meurtriers et brûler leur ville. 8Alors il dit à ses esclaves : Les noces sont prêtes, mais les invités n’en étaient pas dignes. 9Allez donc aux carrefours, et invitez aux noces tous ceux que vous trouverez. 10Ces esclaves s’en allèrent par les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, mauvais et bons, et la salle des noces fut remplie de convives. 11Le roi entra pour voir les convives, et il aperçut là un homme qui n’avait pas revêtu d’habit de noces. 12Il lui dit : Mon ami, comment as-tu pu entrer ici sans avoir un habit de noces ? L’homme resta muet. 13Alors le roi dit aux serviteurs : Liez-lui les pieds et les mains, et chassez-le dans les ténèbres du dehors ; c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents. 14Car beaucoup sont appelés, mais peu sont choisis.

 

Amis, frères et sœurs, qu’y a-t-il de pire que l’INDIFFERENCE ?

C’est terrible, car elle engendre l’ignorance et même une certaine violence ; et c’est un vrai fléau aujourd’hui.

Entretenue par ces blogs où les gens vivent et écrivent seuls les histoires, sans savoir ni comment elles vont être lues, ni par qui.

Entretenue par ces écrans vides de personnes réelles, sites sans contacts autres qu’une vague adresse internet.

On en arrive à la vraie de vraie indifférence, celle qu’on croise tous parfois, dans la queue de boulangerie, ces personnes téléphonent à haute voix, sans se rendent compte qu’ils partagent un espace public comme leur conversation et qu’accessoirement cela dérange.

 

Alors vous voyez Jésus, dans notre parabole très énigmatique de Matthieu à mon sens, pointe aussi l’indifférence. Et Jésus la pointe avec beaucoup d’impuissance et de tristesse, il la pointe comme si elle était aussi l’avant goût de la violence, et en tout cas comme un obstacle à la vie spirituelle du Royaume.

Ce texte possède une très grande modernité, qu’il faut vraiment l’interroger pour notre vie d’aujourd’hui, et ce sera frères et sœurs le thème de notre méditation.

Rappelons quelques faits de notre parabole :

Le Royaume ressemble à un roi qui invite des personnes unes à unes à un festin de noces. Et le maitre envoie ses serviteurs pour appeler ses invités. Les invités refusent d’y aller. Ces derniers deviennent violents et tuent les serviteurs venus les chercher.

Alors, le maître prépare la noce malgré leur réaction,

Quand elle est prête il continue à inviter, les invités refusent encore de venir. Alors le roi change sa façon de faire : Fini d’inviter sur invitation, il envoie des serviteurs, pour rassembler des personnes bons et mauvais, au grès des chemins. Là ces gens du dehors viennent de partout. La salle se remplit.

Et puis arrive cet évènement énigmatique : un convive prend place dans la salle, et n’avait pas d’habit de noces ; le maitre s’en offusque et le fait sortir comme un mal propre.

Alors il faut savoir que cette parabole rappelait aux juifs de l’époque, qu’en tant qu’élus, ils ne se sentaient pas concernés par le Royaume que le Christ annonçait, là où les gens du dehors, les païens ont accepté l’appel, et s’y sont rendus.

Très bien, mais les choses ne peuvent pas se résumer à cela. Certains points m’ont marquée.

– Il se trouve que les premiers invités juifs élus sont dits dans le texte ‘INDIFFERENTS’. Qu’est ce que l’indifférence : l’indifférence c’est le fait de porter du rien Féro.. En fait ils n’ont porté ni la promesse de Dieu, en Christ , ni la VIE

Cette promesse de VIE, cet l’habit de fête qui est exprimée dans notre 2èmetexte du jour d’Esaïe : Dieu Il a fait disparaître la mort à jamais. Il a essuyé les pleurs, sur tous les visages, on espérait en lui pour nous sauver. Les indifférents n’avaient FOI en la vie nouvelle en Christ ? Indifférents, les 1ers invités ont été violents,

-Alors, les autres invités ? Ce sont les personnes du dehors ne se sont PAS INDIFFERENTS. Ils PORTENT. Ils portent l’habit de fête, c’est-à-dire qu’ils se réjouissent de la vie NOUVELLE en Christ qui dépasse la mort. Ils n’ont pas été violents.

Et puis il y a cette énigme, et heureusement qu’il y a cette énigme : un homme parmi ces gens du dehors, ne porte pas aussi l’habit de fête, lui aussi est indifférent.

Elle évite en tout cas de penser aussi que le Royaume n’est accessible qu’au gens du dehors : hors judaïsme comme on entend souvent….

Alors , pourquoi dans notre parabole, les 1ers invités sont-ils indifférents ?

Elus, ils ne se sont pas sentis invités , je m’explique :

En fait les premiers invités, sont appelés dans le texte en grec : « les ayants été invités » (insinués : par Dieu). Ils ont un statut PRIVILEGIER qui les rend seuls, et peut être ne sont –ils pas capables de recevoir seuls cette promesse, c’est trop lourd. Ils ont eu PEUR. On ne peut voir Dieu face à face et vivre dit l’Exode. le Roi les a qualifiés indignes.

En revanche, les autres ces personnes du dehors, qui ont été APPELES, ont aussi été « RASSEMBLES » dit le texte, appelés ensemble, bons et mauvais, sans aucun critère de sélection. REUNIS, bons et mauvais, dans cette humanité , ils ont accueilli plus facilement, la bonne nouvelle de la VIE en Christ, de la mort vaincue, Ils ont pu accueillir Jésus-Christ Ils ont pu se réjouir de la VIE hors de la RIGIDITE DE LA LOI. Par la présence de chacun. Christ n’est pas au DEHORS de chacun .

Alors L’intrus, qui ne portait pas d’habit de fête : lui était SEUL, parmi les gens du dehors, il n’a pas porté la bonne nouvelle de la VIE, il n’a pas non plus fait corps avec les appelés.. Il devenait indifférent, Jésus l’a sorti avant qu’il devienne peut-être dangereux.

Alors qu’est-ce que cette parabole peut nous dire pour nos vies ? 5 choses.

1/Je crois qu’on peut comprendre la vie spirituelle le Royaume au milieu des hommes APPELES et RASSEMBLES (Eglise). C’est au milieu des hommes ‘bon et mauvais’ : par la FRATERNITE qui renvoie à Christ qu’on découvre le Christ. Par le BANQUET qui rend grâce. Je crois que c’est la FRATERNITE qui mène au Christ, et non pas parce qu’on est croyant qu’on est fraternel. Il y a un rapport à l’homme pour découvrir Christ .

2/ Cette parabole dit que chacun qui se dit du DEHORS est sauvé, mais à condition qu’il se sente sauvé. A condition qu’il vive la JOIE de la noce, c’est-à-dire qu’il sache que Christ apporte la vie nouvelle et éternelle. L’Esprit de Résurrection. C’est porter sa grâce.

Ceci CONDUIT à ne pas être INDIFFERENT : Ceci CONDUIT à ne pas porter SEUL l’habit de fête ; ceci Conduit à le PORTER avec les autres et PORTER les autres. Ceci, au nom de la souffrance que nous partageons tous et de la VIE que nous avons tous, en Christ.

3/ Ce texte dit que LA solitude peut être dangereuse, et que L’INDIFFERENCE en tout cas est DANGEREUSE. Dans ce texte c’est frappant, ceux qui sont appelés seuls repartent et s’éloignent indifférents, deviennent violents après. Ils ne portent rien, pas le visage de l’autre, comme dit Levinas,(cet arrêt du (‘tu ne tueras point’, dans ethique et infini). Mais plus encore : Il faut voir à la fin de la parabole, quand Jésus demande à l’intrus pourquoi il est là, il est dit « muselé » , il ne répond, pas, il n’est pas RESPONSABLE = violent . Jésus l’a renvoyé avant qu’il ne devienne peut-être violent.

4/Je crois que ce texte dit qu’aujourd’hui il faut démasquer l’indifférence comme dangereuse : Dangereuse vis-à-vis de soi-même, à force de SOLITUDE , de dureté de vie, on devient indifférent, passif, dépressif. On s’enferme: combien je vois de jeunes dans une vraie de vraie solitude et qui se réjouissent d’internet, car au moins là ,il n’y a pas de pression disent –ils. Mais elle provoque indifférence, et agressivité…. je dirais à l’extrême ces jeunes qui partent de France et qui s’engagent dans les jihad en Syrie, sont peut-être les victimes de l’écran et du virtuel, de la non relation, de l’indifférence et de la violence.

Il faut aussi s’interroger sur les mesures prises quant au développement durable,.Les entreprises essaient d’économiser ce qui est normal pour être compétitives, mais quand on propose des robots très performants pour répondre au téléphone, pour payer en caisse, il faut s’interroger. On meurt de manque de relation, qui empêche la VISION de la VIE qui engendre la violence. Danger.

Parce que celui qui ne PORTE pas, ou plus, l’INDIFFENT devient irresponsable. il a peut être trop supportés de solitude. Quel dégats les indifférents ou des ‘devenus indifférents’ dans les entreprises, ils ne voient plus les autres, les burn out s’accumulent. Sans compter les familles. Je dirai : De la trace de ne plus PORTER ou SUPPORTER au geste de l’indifférence.De la TRACE de l’INDIFFERENCE au geste de la violence.Il faut réfléchir.

Attention aussi à celui qui porte et supporte sans rien dire, qui n’est pas indifférent, qui prend sur lui. On ne s’en aperçoit parfois pas. C’est un geste christique .

5/ Alors oui, je voudrais terminer en disant que je suis convainque que l’Eglise porte par la puissance de l’ESPRIT, elle permet de PORTER SA PROPRE VIE et la VIE des autres, dans un constant questionnement sur le FACE à FACE, de soi, de l’autre, du Christ. Qu’elle porte la VIE, à travers la mort vaincue de Christ et l’Esprit de résurrection.

Elle est lieu de Parole, de confrontation dans la vie de tous les jours, entre hommes et femmes qui ne sont pas seuls et pas indifférents. On porte en prière la vie des autres.

La reconnaissance de la grâce empêche l’indifférence, l’ingratitude mène à l’indifférence.

Oui, chaque jour nous devons nous apercevoir que Dieu, n’est pas indifférent avec nous, et nous accompagne. Il n’est pas indifférent à notre mort. Il a porté notre mort. Il n’est pas indifférent à nos vie, il porte la vie de nos vies. Il faut interroger nos solitudes, et se réjouir dans la reconnaissance.

 

Amen