Esaïe 40, 1- 11 et Ephésiens 4, 17-31 – En cette nouvelle année, soyons Homme Nouveau !

Prédication du Pasteur Béatrice Hollard Beau, pour le dimanche 10 janvier 2016

Amis frères et sœurs, on est au début de l’année et même le 10 janvier on s’adresse encore des vœux. Eh bien moi, je vous souhaite à vous tous d’être « Homme Nouveau ».

Qu’est ce que pourrait représenter l’homme Nouveau ?

J’ai fait un petit test avec un groupe de chrétiens récemment, et plusieurs m’ont dit que cela leur fait penser aux thèses actuelles de l’Homme Nouveau inspirées du penseur Isaac Guetz : une sorte de voix de liberté où il n’y a plus aucune contrainte hiérarchique, dans aucun domaine. La notion de « pouvoir » est complètement abolie et partagé par tous.

L’homme nouveau, est un homme responsable et libre.

Même si cela touche aussi la liberté. Vous imaginez que ce n’est pas tout à fait l’homme nouveau sur lequel j’aimerais méditer avec vous, mais ce n’est pas pour autant une notion moins contemporaine. Après l’Apôtre Paul qui l’a déployé dans plusieurs épitres, L’homme nouveau, réalité nouvelle, le théologien Karl Barth en parlait dans les années 1960 dans un ouvrage « la réalité de l’homme nouveau ». De même Bonhoeffer s’est beaucoup inspiré de cette réalité biblique de l’homme nouveau pour résister et témoigner en prison. Cette réalité lui a permis de se sentir libre et de vivre. Le texte d’Esaïe n’est pas si éloigné de cette vocation.

Paul écrit qu’il faut se débarrasser du vieil homme pour devenir « homme nouveau ».

Le vieil homme, c’est ce que nous étions avant de « naître de nouveau en Christ » par le baptême ou la conversion. « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » (2 Cor. 5, 17)

Aujourd’hui l’Homme nouveau apparaît dans l’épitre aux Ephésiens, belle épitre controversée quant à son origine, écrite dans les années 60, qui a une portée universelle et actuelle.

L’auteur fait comprendre qui est l’homme nouveau, en l’opposant au vieil homme : il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme, qui se corrompt sous l’effet des convoitises trompeuses.

On pourrait penser que quitter le vieil homme qu’on endosse est une leçon éthique.

Mais pas du tout. L’auteur pour quitter le vieil homme dit ceci : ne vous conduisez plus, littéralement, dans la ‘vanité’ de l’intelligence.

Et un peu plus loin, il ne faut pas agir comme des païens, eux ont été enténébrés, ils ont été étrangers à la vie à cause de ‘l’ignorance’. Ceci a fait qu’ils sont devenus insensibles et durs de cœurs.

C’est leur ‘ignorance’, dit d’auteur, qui les rend vieil homme et étrangers à la vie de Dieu.

Mais qu’est ce que l’ignorance ? On pourrait se dire et c’est terrible que pour devenir « homme nouveau », il faille être savant : Non.

Etre selon le vieil homme, cette ignorance, c’est ne pas connaître Christ, la vie de l’Esprit, c’est rester avec l’Esprit de chair, dans la vanité de l’intelligence, c’est à dire avec des idées préconçues. Rester en soi, fermé, rude, dur de cœur. Dur avec soi-même et avec les autres. C’est rester dans le fabriqué par l’homme, le Pré-fabriqué, s’en tenir à la parole de chair qui se fane, qui devient irritation, colère, mensonge, convoitise, l’enfermement.

Revêtir l’homme nouveau, vivre en Christ, c’est ne pas rester dans l’ignorance, c’est faire entrer en soi l’Esprit Saint. C’est marcher avec la vie en Dieu, respirer, ‘inspirer’ la liberté.

Paul dit dans le texte qu’il faut être transformés par la transformation spirituelle de votre intelligence et revêtir l’homme nouveau. Revêtir l’homme nouveau, c’est se laisser traverser, transformer, se laisser convaincre par l’esprit qui est souvent contraire à soi, se laisser créer de Dieu, lâcher les amarres,

C’est adopter une posture d’écoute, de chasseur ; et qui dit écoute, dit d’abord, faire silence en soi. Se taire à soi, relativiser sa parole de chair, écouter cette parole qui subsiste à toujours. Imparable inspirer la Parole. La capter au vol !

Se laisser créer, fabriquer, sachant que ce n’est pas nous qui créons, mais l’Esprit Saint. Elle fait du bon, elle nous fait dire et faire du bon.

Revêtir l’homme nouveau, inspirer, s’inspirer se décide chaque jour, en Eglise, hors Eglise disait Bonhoeffer. Dans nourriture dans l’Evangile ou est le Christ, mais aussi dans la nourriture de l’Evangile ou est l’homme, parce que le Christ est là.

Dans toute les nourritures inspirées, la musique, la peinture, partout dans cette vie de l’Esprit, hors de soi, qui nous renouvelle. Dans la liberté. Le Christ est là, près de soi dans l’écoute.

Mais si la vocation de l’homme nouveau chaque jour, c’est inspirer la parole, c’est aussi après avoir respiré la parole de Dieu, (amour), expirer la Parole, du Saint Esprit que se dégage justice et Sainteté, par ce que cette justice n’est pas la nôtre mais toujours celle de Dieu, de même que la vérité est le moteur de l’Esprit. Elle n’est que là, la justice.

Nous sommes missionnés à la vérité : à dire cette parole de liberté, de vérité de bonté, cette parole de Dieu qui demeure à jamais, c’est celle de Dieu. A l’instar de Jérusalem, qui devait témoigner de la Parole.

Il est donc important d’être homme nouveau et s’inspirer en soi l’Esprit, cette parole, c’est à dire ne pas être mangé par les choses périssables et mortelles, ne pas se manger par soi, aller vers les perspectives de vie.

Quelque fois avoir la force de dire non, mais aussi dire Oui furtivement, après avoir dit non.

Parce que Dieu dit oui en vous, c’est cela revêtir l’homme nouveau, résister à la chair de la mort, pour après expirer la Parole de vie. Témoigner.

Proclamer la parole de Dieu donne la justice de vie. Il n’y a pas d’autres justices que la vie.

Mais pour cela il ne faut pas rester statique, si l’on ne respire pas, on est mort. Si l’on est dans le statique, dans des préjugés, on n’est plus dans réalité de l’homme nouveau.

L’homme furtif dépasse notre raison, nous rend un peu prophète et bons.

Karl Barth écrit, le nouvel homme est créé de Dieu, tend vers Dieu. Il faut se laisser renouveler par son intelligence, dans l’action de Dieu : la vérité éternelle vivante et salutaire n’est pas statique, mais dynamique, l’Esprit qui fait bouger. Il écrit alors, Elle est active, elle opère et elle crée. Il continue, écrivant : Elle est l’acte créateur de Dieu. Je cite encore : l’acte par lequel, il est présent et agissant, par lequel il se révèle comme Sauveur. C’est cette vérité là qui crée l’homme nouveau et qu’il doit proclamer.

Enfin, et je terminerai ainsi, l’homme nouveau, Esaïe l’avait compris, c’est vivre de la Parole créatrice qui donne vie. Dieu nous envoie le Rédempteur, Christ qui grâce à sa Croix et sa Résurrection, nous donne l’Esprit de VIE qui nous nous demande d’aller crier, expirer la parole dans le désert, d’être fort messager de Dieu,

Respirer, expirer c’est alors niveler la steppe, relever le vallon vers le haut, pour laisser parler Dieu. Laisser faire, l’Esprit, en montant, la haute montagne c’est dur parfois, c’est laisser en bas le bas, s’en écarter, et surtout ne pas se trainer ver le bas, C’est se propulser vers le haut dans le futur! Jamais dans passé. Le présent est futur. En hébreu, il y a l’accompli et l’inaccompli. Le présent est toujours inaccompli.

Ainsi en étant homme nouveau, vivant de cette parole, que Paul eut la force et l’inspiration de créer l’Eglise d’Ephèse durant un premier séjour et pendant un deuxième séjour plus tard, vers les années 55. Paul solidifia cette Eglise en enseignant en premier aux Juifs et puis après dans l’école d’un dénommé Tyrannus. Par la proclamation de la parole les païens reçurent la ‘la vérité en Christ’ et Ephèse fut évangélisée et devint un des lieux importants du christianisme pour les païens. Paul est monté sur la montagne, il a proclamé en se tournant vers le haut, vers le désert et l’impossible. Karl Barth a exprimé grandement la création possible de l’homme grâce la réalité de l’homme nouveau, grâce à Dieu. Bonhoeffer grâce à la réalité de l’homme nouveau a résisté à l’Eglise et a témoigné de Dieu avec courage.

Il nous faut être ‘homme nouveau, vivre dans la dynamique de l’Esprit’, et avec courage, ne pas être dans l’ignorance de la parole. Entendre cette voix furtive, la capter.

Attention à ceux qui veulent freiner l’Esprit : N’attristez pas l’esprit dit le texte, utilisez cet esprit. Ne rester pas dans l’ignorance de la Parole qui enténèbre,

Etre nouveau, homme nouveau, c’est monter sur la haute montagne être ouvert au lendemain en Christ. C’est ne pas avoir peur. C’est dire des mots, bons, de grâce, de liberté. C’est inspirer, respirer, expirer le souffle, être envoyé en joyeux messager, qui donne la grâce, ainsi et qui fait grâce, parce qu’il est libre, comme Dieu nous a fait grâce en Jésus-Christ, lui qui nous a apporté la respiration de la vie. Nous devons être homme nouveau, respirer, souffler la vie et en témoigner.

 

Amen